Le calme après la tempête !......
Bonjour les fana...tiques, 21h58 TU par 51°36'48s W et 40°11'36s N.
Météo du jour : après le front chaud violent, le front froid, qui est accompagné d'un ciel bas, tendance orageuse, et qui est...froid ! On est
passé de 25° dans le bateau à 15°, on a sorti les gants chauds, les chaussettes et les bonnets. Fini la bronzette au soleil de l'anticyclone des Açores. Je me demande si le temps va être
ressemblant à ça dans tout le golfe du fleuve, en tout cas, le régime habituel ici, c'est dépression sur dépression.
L'image des pêcheurs de St Pierre et Miquelon ne semble pas être usurpée. Ce qu'on a vécu hier est chose courante ici, mais quand c'est la première, ça fait son petit effet !
Alors justement, et avant le courrier, voici le récit de l'épisode perturbation associée à la méchante dépression vu par Jean-Louis.
Installez-vous confortablement,,oubliez la boite a images, et laissez vos lèvres se délecter du goût du sel des embruns...
De Jean-Louis : Certains de nos amis visiteurs du blog souhaiteraient que d'autres membres de l'équipage produisent des articles. La tâche n'est pas facile derrière notre skipper Manu qui reçoit
régulièrement des encouragements à poursuivre sa production dans un style fort apprécié.
Et puis tout le monde n'a pas la même facilité à écrire.
Nous vivons malgré tout intensément cette aventure et ne boudons pas notre plaisir à profiter d'un environnement capable de nous surprendre à tout moment. L'état de la mer et du ciel, les animaux
aquatiques, les oiseaux, la marche du bateau dans le vent.
Pour ma part, je découvre le vrai grand large, la navigation hauturière, mais bizarrement il faut que je fasse un effort pour me représenter isolé sur ce vaste océan, il semble que le monde se
réduise à l'espace que j'occupe, le bateau.
L'eau qui m'entoure pourrait être celle qui me sépare de l'Ile d'Oléron, pour peu que la côte soit hors de ma vue. Mais, l'état de la mer nous rappelle parfois que le grand large est bien sous
notre quille ; l'expérience récente en a fait une démonstration saisissante.
J'avais déjà vécu du vent fort en bateau, observé depuis l'abri confortable du port l'océan animé par la tempête, je m'étais fait une représentation de ce que pouvait être le gros temps du large.
Le coup de vent récemment traversé me donne dorénavant une mesure plus exacte du phénomène.
Avisés par la météo reçue du directeur de croisière nous recommandant de prendre garde à nous et par l'observation de la carte de la dépression, nous savions que nous ne passerions pas à coté et
qu'il fallait se préparer à être un peu bousculés. Nous savions aussi quel cap choisir pour notre confort et notre sécurité ainsi que la durée de l'évènement. Il n'empêche que c'est avec une
certaine appréhension que j'ai attendu cette rencontre : comment l'équipage fera-t-il face (et moi en particulier), comment le bateau se comportera-t-il ? Le vent a bien été au rendez-vous. Nous
avons réduit les voiles en suivant la montée en puissance du vent dont nous n'avons pu qu'estimer la vitesse selon l'état observé de la mer car l'anémomètre est tombé en panne.
Chacun y est donc allé de ses conjectures. Sous grand voile au troisième ris (réduite au maximum) et trinquette (petite voile d'avant), le bateau allait bon train à une allure portante
confortable (vent de trois quart arrière). Durant mon temps à la barre, le bateau n'étant pas difficile à tenir, je trouvais plutôt grisant le spectacle de cette mer en train de s'animer et
enfler, tantôt grise, tantôt verte, frangée d'écume lorsque les crêtes s'effondraient en bouillonnant.
Front de pluie, renforcement du vent. Nous pensions être enfin dans le vif du sujet. Peut-être les rafales annoncées à 50 nœuds ? La mer se creuse, 4 mètres, 5 mètres ? Les crêtes de vagues sont
emportées par le vent. L'intérieur du bateau reste confortable, on entend l'eau bouillonner vigoureusement sur la coque mais pas de chocs car nous glissons sur chaque vague qui nous rattrape.
Deuxième front de pluie accompagné d'un renforcement conséquent du vent. La pluie fouette la surface de l'eau qui semble se lisser, les crêtes de vagues sont emportées, la mer en est fumante. Là
je ressens de l'inquiétude : est-ce que ça va forcir encore ou les rafales à 50 nœuds sont-elles enfin au rendez-vous ? Pierre à la barre tient difficilement le bateau qui lofe (remonte au vent)
et gîte sous la charge. Manu choisit la mise en fuite (se laisser porter par le vent). La grand voile est affalée totalement, la trinquette seule nous tire et ça va toujours vite. La mer grossit,
des murs d'eau nous poursuivent, 8 mètres ou plus ? C'est difficile à apprécier. J'ai été très impressionné par ces masses verticales qui semblaient devoir nous engloutir et qui finalement nous
portaient vers le sommet comme pour nous permettre de jouir de haut du spectacle : la mer n'était plus que vallées et montagnes, sommets enneigés, bouillons d'écume sur fond d'émeraude.
Je revois encore, alors que nous étions dans les creux, la transparence des crêtes dont certaines perdent l'équilibre et déferlent. Mon inquiétude monte d'un cran car c'est un vrai danger. Le
coup de vent est enfin bien établi, la suite sera conforme à l'évolution d'un système dépressionnaire pris par son centre : le vent passe à l'ouest puis nord ouest, la mer devient croisée rendant
le bateau inconfortable.
Nous refaisons route en rétablissant la grand voile à son troisième ris. Fanac a validé son aptitude à naviguer en mer difficile, je m'y suis senti en sécurité. J'ai pris une nouvelle mesure de
la force des éléments mais rétrospectivement, je sens bien la précarité de notre situation dans ces circonstances.
Et puis, ça n'a pas duré longtemps, ça peut encore être plus dur aussi quand on peut esquiver, c'est mieux, ainsi on est plus sûr de rentrer
pour refaire l'histoire au bistrot du port !
*courrier:Oh la la, y a du monde !
Varzay, Mike et tous les autres. J'espère que le temps qu'on a vous aide à encaisser la grisaille subie en France ces derniers jours ! Un bisou à tous les varzouyois. Bamboula(...) Et bonjour de
la part de Jean-Louis aux amis de Varzay qui nous ont envoyé un message et à tous ceux qui nous suivent discrètement.
Claudia. Poétique en plus!C'est un plaisir. Ne lâche rien. A plus.
MC Richard. Et bien ça prend forme, l'historiette. Il va falloir qu'on fasse marcher nos mémoires, on n'a plus qu'à manger du poisson, bon
faut remettre la ligne à l'eau illico. Mais nos musiciens travaillent irrégulièrement, faut dire qu'ils sévissent en cuisine !
Moman. Non la terre n'est pas encore en vue, mais on fait route sur la destination.10 jours devraient voir l'amarrage. Traidunion est un grand cata bien taillé, mené par des gens avertis, il file
régulièrement à 15n, alors que nous n'en atteignons 7 que rarement. Pas le même bateau, pas les mêmes marins...Mais pour les mêmes frais d'engagement, on navigue plus longtemps, on est gagnant,
malin les gars ! Bravo pour le décalage horaire, différence de longitude et de latitude se font sentir. On a je crois 6h de différence avec le Québec. Bisouyous
Salut So, Maica a certainement bien fait de ne pas s'aventurer par ici, y a du gros à encaisser, passes-lui le bonjour. La transat en
elle-même vaut le coup, c'est loin d'être monotone, et on ne s'ennuie pas. Que fait motus finalement ? On sait que sur pb électrique il a rallié les Açores, rien de plus. Courage à eux de
notre part, il en faut. Bises à plus.
Ce2 de l'école de Marennes. Désolé pour le précédent message, ils ne nous parviennent pas tous, c'est avec plaisir que j'y répondrais pourtant. Parlez nous de vos petits bateaux, expliquez-nous
de quoi il retourne, nous sommes restés sur notre faim. Si vous souhaitez, vous pouvez faire passer des photos sur le blog pour qu'on puisse comparer avec Fanac ! Ici le temps a changé on a rangé
les shorts, il ne fait plus que 15°, et il est annoncé plus froid encore. Au revoir.
Gaz. Bonjour, j'ai parlé de la résolution du problème d'eau il y a quelques jours, l'article est il visible ? Le bricolage est réservé aux petits budgets, aux bateaux qui le permettent, Fanac est
une construction amateur avec des imperfections corrigeables. Un bateau de série, bien fini avec des vaigrages et placages uniformes, supporterait moins bien le bidouillage. Enfin la bricole
c'est un état d'esprit, dans le bateau ou ailleurs, je pratique assidûment cette "philosophie.
La bannette chaude est de rigueur, car selon la marche du bateau, les couchettes ont des "qualités"différentes. Cependant on s'est installé qui dans un coin qui dans l'autre, pour centraliser nos
effets personnels. De plus, mon bateau c'est ma maison alors j'y ai des habitudes. Il n'est pas rare de croiser un matelot avec son duvet sous le bras, ou encore à la recherche d'une chaussette,
d'une couchette à l'autre ! Excellent l'explication de texte, il me semblait bien me rappeler d'une équivoque coquine, mais ça date du lycée, alors...L'habit de pierrot blanc et noir avec la
larme est certainement celui de la pantomime ? Pourquoi est-il perché sur la lune alors ? Continuez-donc à m'instruire, si le cœur vous en dit. Tiens d'ailleurs, elle réapparaît la lune, phase
montante. Savez-vous comment on sait si elle est montante (devient ronde) ou descendante ? Il suffit de regarder le croissant, s'il dessine un "ventre" à droite comme celui du P (pleine) ou à
gauche comme celui du D (descendante). L'aventure "Fanac dans la grande traversée" n'est qu'une partie de ce que je souhaite être un projet de vie, que je voudrais être utile selon mes
convictions, et à ma modeste échelle, et si possible.
Avant de conduire de bêtes poids-lourds, je fréquentais plutôt le socioculturel, qui m'intéressait pour la possibilité de travailler avec un public en demande, les zenfants (je pense que l'avenir
est à préparer longtemps à l'avance). J'avais déjà dans l'idée d'utiliser le bateau comme support technique et comme choix de vie personnel. Je ne m'exprime pas bien dans un cadre, avec des
contraintes des concessions, et je souhaitais construire une démarche en partant du début. J'ai fait ce qu'il fallait pour avoir le bateau (août 08),maintenant j'explore les possibilités d'en
vivre (ou de vivre dessus) et de l'utiliser pour porter des idées.
Le travail à distance avec des écoles ou centres de loisirs semble prometteur, mais demanderait du travail en amont et du temps que je n'ai pas alloué pour l'instant.
La communication à distance fonctionne, mais c'est un peu désincarné. Du reste j'échange plus avec des individuels comme toi (mais qui es-tu étranger ?) car la demande est là, alors que l'action
pour les p'tiots pourra se faire dans le cadre de projets précis et construits, il ne suffit pas de s'offrir. L'expérience est intéressante, me donne un outil de plus. Mais tout ceci est très
modeste, j'avance pas à pas, je laisse libre court à ma naïveté ! Le montage de l'association n'est certainement qu'éphémère, était nécessaire pour différentes raisons, je n'avais pas imaginé
aller si vite, mais je poursuis mon idée à ma façon. Mon père présent dans le bateau au titre de marin expérimenté et par plaisir est LE membre fondateur de l'association, à dessein de m'aider.
Les autres équipiers n'ont pas à proprement parler de rôle dans l'association et mon projet, ce sont des potes de mon père, qui étaient disponibles pour être les équipiers nécessaires à la
transat, nous ne nous fréquentions pas auparavant. C'est pour ces raisons qu'il n'y a que moi qui m'exprime directement, même si je les invite à pianoter. La navigation et gestion au jour le jour
du bateau sont un peu problématiques pour moi. 35 ans, propriétaire de mon premier esquif depuis quelques mois, embarquant 3 larrons qui sont potes et ont l'age d'être mon père, ne m'aide pas à
trouver ma place naturelle de skipper. J'espère que je suis clair dans mes explications. Ta curiosité m'enchante, c'est grâce à ça que j'avance, et grâce aux questions d'une personne que d'autres
personnes trouvent des réponses et de la vie sur le beulogue. Sans le savoir, tu participes à ma petite chose ! C'est comme ça qu'elle t'appartient aussi bien qu'a moi. Mais, suis-je bien naïf !
Certainement as-tu toi-même compris ton rôle, petit malin que tu sembles être(ou maligne, plus sûrement). Bonne journée.
Emma du centre de loisirs de Beaufief. Bravo pour la précision. J'ignorais cela, et surtout que c'était aussi vieux, allez un petit effort pour nous apprendre quel était le support utilisé pour
l'enregistrement, je pencherais pour un cylindre en cire a vue de nez, à toi la main (et le dico). Décidément le clsh de Beaufief est dans la place, yo !
Sandrine. La passionnée des cétacés ! Et oui les paysages sont magnifiques, nous ne nous attendions pas à autant de ravissements (oui oui avec un s!). "Ca n'est que de l'eau de mer!".Oui, mais de
l'eau de mère aussi. Un milieu si prolifique et à l'origine de toute vie ne pouvait finalement être que génialement beau et multiple ! Et ça, y a qu'en y allant qu'on peut le toucher, ce dont je
ne m'étais pas rendu compte jusque là. Nous avons approché des baleines (peut-être à bosse), certainement maman et petit, et peut-être une dizaine de mètres de long. Ca fait beaucoup de
peut-être, mais ces bestiaux sont plus farouches que les dauphins, Domi a fait un film fugace, on va essayer de te le garder...T'énerves pas, je rigole, on va évidemment le garder ! Mais pas de
baleine noire pour l'instant. Le meilleur est à venir, dans le Saint Laurent on devrait en prendre plein les Leica, mais avec interdiction de s'en approcher, les canadiens tiennent à la
tranquillité de leurs hôtes et ils ont raison, ô combien. L'eau, ça devrait passer, sans abus...La nourriture fraîche se fait plus rare, nous sommes passés à la conserve, surtout que les denrées
fraîches des Açores n'ont pas été achetées dans le meilleur endroit, et étaient de piètre qualité. Dominique t'embrasse et te félicite pour tes bonnes nouvelles, c'est vrai que t'as l'air
contente, bravo donc.
Claudia Ouf! bon euh, alors la prose, euh...tout ça, les éléphants, y met deux pieds dans l'eau...Oui, hors donc, j'm'avoue vaincu, t'es plus balèze, j'mescuse, j'voulais pas t'provoquer, j'le
f'rai pus, j'l'ai même po fait esprès d'abord, j'fourbissais mes touches (tiens y'a une sorte de contrepet salace, la...On me dit dans l'oreillette que "la contrepétrie, c'est l'art de décaler
les sons"...Hum...Cornegidouille ! C'est à n'y plus rien comprendre), et l'coup est parti tout seul, m'sieur l'arbitre. Bravo pour ton enthousiasme, et avec grand plaisir.
Marylène, bonjour. Donc j'ai expliqué à gaz pourquoi j'étais seul à écrire mais le clavier est ouvert à tous, mais pour parler à tous, tu comprends? Encore faut-il que l'envie de parler à des
inconnus soit là. J'aimerais que cela arrive, Pierre racontant aux écoliers sa façon de vivre le coup de tabac par ex., donnerait un autre angle de vue, enrichissant, mais ça n'se fait pas ,pour
l'instant, poil aux dents!Tu as de la chance, je crois que Jean-Louis a une envie qui monte...bonne journée.(au nom de l'équipage)
Martine! Prolifique, dommage que tout le monde ne puisse pas en profiter, mais si j'ai bien compris, vouloir à tout crin vivre à Mayotte avec le confort occidental n'est pas indiqué si on veut
avoir la paix dans la simplicité. Bon ça !"Le code 0 svp ? "Kekseksa, ouksektatrouvesa ? sepamoikaecrisa! On s'attache évidemment, on a posé le point d'accroche adéquat, et ma foi on est bien
content de l'avoir. Loic Lantoine est dans la place, pour sûr, toi tu m'connais un peu...hein ? bonne journée, je vais dormir (il est 11h30,je devrais être au lit depuis 7H00,mais faut bien
honorer le courrier, et c'est avec plaisir)
Force et vigueur. L'équipage de Fanac.
Bonsoir, il est maintenant 23H03 TU, repas fini, Pierrot est à la barre. Nous faisons route au moteur depuis 18H TU, après que le vent a complètement chuté, sous un ciel encore différent mais
superbe : de petits cumulus d'étage moyen parsemant l'azur. C'est tellement régulier sur 360° qu'on dirait une tapisserie naïve de chambre d'enfants...c'est d'un calme...l'eau est aussi
nonchalante, seuls quelques zozios (peut-être les fameuses hirondelles de mer) volètent autour de nous. La nuit dernière, 2 volatiles sont restés, de 00H00 à ce matin 6H30 soit du coucher au
lever, à 3 m à peine derrière nous, ils ont gazouillé toute la nuit en virevoltant d'un coté et de l'autre. Nous n'avons vu que des ombres furtives, mais je me demande si ce n'est pas les mêmes
"hirondelles" qui sont plus farouches de jour et respectent une distance de sécurité de 50 m. Nous espérons les revoir cette nuit, nous avons fait un plan d'action. Quand elles seront là, Nils
allumera d'un coup le projecteur, pour que nous ayons l'opportunité de dézinguer ces emmerd...hein ? Ah, non, on me dit que c'est juste pour les prendre en photo, tant pis ça sera bien quand même
!
Bonsoir et force et vigueur! L'équipage de Fanac