Dimanche 15 juin 2008

Bientôt la première escale !.......

Bonjour depuis Fanac par 58°41'18s W et 47°09'18s N.Il est 15H00TU.

 

Météo : on a pris hier soir et cette nuit une perturbation associée à une dépression qui nous a amené des vents de 40n en rafale.

Nous étions prêts et conscients de ce qui arrivait. Ca a été fatigant, mais géré correctement. La mer était grosse, mais pas démentielle comme l'autre jour.

Tout ça s'est calmé ce matin, nous avons renvoyé la toile et faisons route sur les îles de La Madeleine, à Cap aux Meules. Car en retard que nous sommes, nous ne pourrons dédouaner à Gaspé.

Le problème est que nous devions récupérer la-bas les cartes et instructions nautiques pour la remontée du Saint-Laurent et récupérer un équipier. Nous pensons essayer de le prendre en escale à Sainte-Anne, l'escale prévue par l'organisation.

Je vais dormir, je n'ai pas le temps de vous écrire aujourd'hui. "Encore ?" entends-je. Et oui. Cette partie du parcours nous sollicite bien plus, nous courrons après le temps de repos, les vacances ne sont encore et toujours pas gagnées !!

 

Force et vigueur. L'équipage de Fanac.

par association lesamisdefanac
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Vendredi 13 juin 2008

Bonjour à tous depuis Fanac par 59°26's  et 45°53'12S N. Il est 15hTU.

 

Météo de la nuit:pas de vent, brume et crachin pénétrant partout. Nous avons fait route au moteur pour gagner du temps sur le mauvais temps annoncé pour ce soir.

Terre ! Nous sommes à 15 M de la rive canadienne sud (nouveau Brunswick) du détroit de Cabot marquant l'embouchure du golfe du Saint Laurent. C'est un continent inconnu pour moi, c'est surtout la première terre depuis le départ des Açores le 23 05. Il nous reste encore 2 ou 3 jours de mer pour rallier Gaspé en Gaspesie, étape de ravitaillement et de rassemblement de la flottille avant d'attaquer 400 M de remontée du Saint Laurent, pour la plupart au moteur, jusqu'à Québec où l'arrivée officielle en flottille et prévue le 24 06 et en fanfare, nous devrions être accueillis avec plaisir.

Pierrot et Jean-Louis ont vu un phoque tout à l'heure, le bestiau, la tête hors de l'eau, nous regardait passer. Nous observons aussi un gros navire équipé de matériel à la poupe, faisant des ronds dans l'eau. Un bateau d'exploration pétrolière ?

Le moteur a fait des siennes cette nuit, baisses de régime comme s'il s'étouffait. Pierrot a purgé le circuit de gazole tout à l'heure : pas de condensation, pas d'impuretés, pas de paillettes de paraffine, que du mystère. Lui aussi a envie de toucher terre !


 

*Courrier :

 

Maman. Je vois que le temps est toujours incertain en France, peut-on parler de printemps pourri ? Ici, les écarts sont importants entre le chaud soleil quand on le voit et le froid et humide brouillard quand on le sent, c'est le climat classique du coin ! bises.

 

Bien je vous laisse, je vais chercher les prévisions de vent pour préparer la nav' de cette nuit.

 

Force et vigueur. L'équipage de Fanac.

par association lesamisdefanac
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Jeudi 12 juin 2008

Bonjour à tous depuis le SY FANAC par 58°46'18s W et 44°40'54 s N.

 

Météo : passé la journée au moteur pour essayer de franchir le détroit de cabot avant le mauvais temps annoncé pour la nuit du 12 au 13. Ciel clair toute la journée, température chaude car c'est la même latitude que chez nous. Mais dès que le soleil s'est caché, l'air froid nous a pincé. La température de l'eau a encore baissé, on n'y laisse pas les mains longtemps, peut-être vers 5°C. Avec le soleil, la température dedans le bateau atteint 20°C dans la journée, dehors on est à 10,5°C pour le moment. Le front perturbé associé à la dépression est clairement visible sur notre proue, c'est une grosse masse nuageuse sombre presque violacee, nous espérons qu'il ne va s'abattre sur nous qu'au moment annoncé, car nous savons que remonter au vent est très pénible dans ce froid, surtout avec un vent soutenu et des embruns qui augmentent la sensation de froid.

Si vous allez dans la page animalière, je vous raconterai nos récentes observations qui sont prometteuses. Tiens, 23h34,le vent arrive par SSW, le vous laisse, je vais aider à la manœuvre de voiles.


Force et vigueur. L'équipage de Fanac.

 


*Rubrique animaux, coups d'cœur et buccholisme :

 

Le 11 06. Depuis quelques jours nous voyons moins de physalies (ou caravelles portugaises), ces méduses à "voile" dont on vous a envoyé des photos. Nous observons des oiseaux marins différents de ceux de chez nous. Certains de la taille du goéland sont d'excellents planeurs qui se jouent des vents les plus forts, ils apprécient de voler dans le bon vent, ce qui leur permet de faire du sur-place par rapport à l'eau, et de littéralement "marcher" sur l'eau pour pêcher. Pour repérer les proies, ils se posent en atterrissant pattes en avant (comme l'albatros de "Bernard et Bianca"), puis ils mettent la tête sous l'eau pour voir ce qu'il y a à manger. Enfin ils plongent en apnée pour aller chercher les poissons repérés.

Notre ligne de traîne est un excellent lieu d'observation du mode de pêche des oiseaux, on les voit régulièrement venir essayer de pêcher l'appât en caoutchouc figurant un petit calamar.

Les plus petites "hirondelles" volettent plus nerveusement, elles se posent elles aussi sur l'eau en groupes pour de petits conciliabules.

Nous avons vu aujourd'hui un croisé de canard et de pingouin noir et blanc, qui vole plus lourdement, comme s'il était trop lourd pour la taille de ses ailes, mais qui semble plonger bien plus longtemps puisqu'on ne voit pas ou il ressort.

Mais surtout, (spécial Sandrine!),on a vu une autre espèce de dauphin, plus gros, plus sombre, moins joueur, avec l'aileron dorsal plus pointu. Et et...de bien plus grosses bêtes à aileron dorsal triangulaire, de couleur grise, ceux-la apparaissent au loin, soufflent et replongent sans laisser le temps de les observer, je n'ai pas de photos à vous montrer. Sandrine n'enrage pas, ici c'est le pays des cétacés, on va bien y arriver. Mais nous n'avons pas le matériel photo adéquat, j'ai déjà dans l'idée d'investir une fois à terre...

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Jeudi 12 juin 2008

Bonjour depuis Fanac par 57°38'32s W et 43°30'36s N. Il est 3h37 TU.


Météo toute calme, petit vent de NNE 13n, mer belle ciel dégagé avec lune, Fanac se barre tout seul, je peux me consacrer à vous calmement, ce que je ne peux pas toujours faire. Je voudrais revenir sur un point:je suis quasiment le seul à écrire pour la bonne raison que je suis quasiment le seul à disposer de temps pour le faire:je ne touche pas à la cuisine, je fais des quarts de nuit qui permettent l'écriture, spécialement aménagés pour ça, je fais moins d'heures de quarts que les autres pour me consacrer à la table à cartes, au blog, au matelotage sur mon bateau. Je suis ce qu'on appelle le pacha, et c'est sur décision de l'équipage.

 

Jean-Louis et Dominique se font toute la cuisine aidés par Pierrot qui fait une tournée de pain par jour à la main, ce qui les occupe pas mal. En revanche je prends 4h de quart de 2 à 6h la nuit, donc je ne dors que le matin et l'après-midi. Ca permet à mes équipiers d'avoir de vraies nuits et d'être dispos physiquement pour assurer les manœuvres que je leur demande.

C'est vrai que j'apprécie m'occuper de l'écriture. Le poste d'écriture est aussi mon poste de météo, de navigation, de routage sur carte, il doit être disponible régulièrement pour que je puisse m'en servir. Ce que vous lisez est, il est vrai, le journal de bord du skipper du voilier Fanac.

Nous essayons de laisser disponible l'ordinateur de Jean-Louis pour que les équipiers puissent produire des sujets à insérer sur le journal, pour compléter ce que j'y mets, ou donner d'autres points de vue ou infos. Je ne peux pas les forcer, écrire pour du public n'est pas si simple qu'il y parait, y a plus qu'a ! Bien, ça c'était pas rigolo, et ce qui suit non plus, mais c'est en rapport avec le journal de bord de la transat.

Le bateau Motus a payé le mauvais temps encaissé. Ils ont fait récupérer un équipier (bras cassé) par un cargo, puis ont finalement déclenché leur balise de détresse pour blessure à la tête du skipper associé à une panne de l'instrumentation, et à une rupture d'une partie du haubanage du mat. Ils ont été récupérés par un autre cargo. Le bateau est abandonné, sans être mené il sera coulé au premier coup de vent...

Nous avons fait connaissance avec Jean Pierre cet hiver au long de la préparation des bateaux, nous sommes atteints par cette nouvelle, et nous estimons nous être bien sortis jusqu'ici des pièges de ce coin de l'océan, et cette nuit j'ai pas envie de rire, car si je connais maintenant les qualités des hommes de Fanac et du bateau lui-même, je mesure aussi nos faiblesses et le peu d'ergonomie du poste de manœuvre de ce bateau, la prudence est, plus que pour d'autres équipages, de rigueur dans notre cas. Si on s'est régalé du spectacle de l'autre jour, ça m'a aussi rappelé notre faiblesse devant un milieu si changeant. Je n'ai pas vraiment eu peur sur le coup, mais plus j'y pense et plus je me dis que ça tient à pas grand-chose. Je me souviens m'être fait une réflexion équivalente au long de ma carrière de chauffeur poids-lourd. La route est un lieu d'accidentologie particulier et particulièrement aléatoire (en stat ça veut dire que tout le monde à la même probabilité élevée d'avoir un pépin que celui qui l'a eu, le pépin). La mer présente un niveau de risque important aussi. En fait il ne faudrait pas sortir de chez soi, et surtout pas dormir dans son lit, vu que c'est l'endroit où l'on décède le plus, statistiquement parlant...Hum ! C'est d'une gaieté tout ça ce soir ! Je le répète ,je suis touché par la mésaventure des collègues, et circonspect après ce que l'on a subit.

J'arrête de gribouiller là, il est 06h00, Domi s'est levé pour prendre son quart, je peux enfin commence ma nuit, et il n’y a rien de bien qui sort. A plus tard dans la journée.

Il est maintenant 14h36,nous venons de manger, Pierrot fait la vaisselle avant sa tournée de pain, Jean-Louis est à la veille, Domi se brosse les dents, je vais lui demander de brosser les dents de tout l'équipage. J'écris un peu, puis j'irai finir ma nuit.




Je vous envoie une photo de bricolage fanacien : avec les pinces étau dans le tableau électrique du bateau...






Force et vigueur. L'équipage de Fanac.

 

*Rubrique navigation et météo.

Le 11 06:Nous approchons à 2 jours du détroit de cabot qui marque l'entrée du golf du Saint Laurent, c'est notre salut. A l'intérieur du golfe, fini le courant du labrador avec ses températures glaciales, ça restera frais, mais supportable, sans risque de brouillard. Le mauvais temps devrait être moins violent.

Et justement, le mauvais temps. Les fichiers de vent nous indiquent une dépression en formation sur terre qui devrait nous amener des vents de face(NW) juste quand on sera dans le détroit de cabot. A cet endroit, nous aurons aussi des effets de courant de marée, qui quand ils sont contre le vent, lèvent une mer courte et hachée, difficile à passer. Nous ne pourrons partir en fuite, puisque notre route, c'est d'aller vers le NW pour entrer dans le golfe. Bref, nous nous préparons à un petit épisode sportif, avant nous l'espérons, le calme relatif d'un golfe fermé. Pour aujourd’hui, nous n'avons plus d'air depuis ce matin, alors au moteur nous cherchons à rapidement gagner vers le détroit pour pouvoir naviguer plus à l'abri des terres qui calment les vagues.

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Jeudi 12 juin 2008

Dans la brume et le brouillard .......

Bonjour les amis de Fanac, par 56°25'30s W et 43°N.Il est 12H57 TU.


Météo : après un bon moment de moteur cette nuit, le vent a fait son apparition, nous voyant envoyer de la toile, et nous faire cueillir un peu après par une survente à plus de 30n, avec une mer croisée, accroché à l'avant que j'étais pour le changement de voile, misère de nuit ! Le tout dans un brouillard dense et mitige de crachin, donc au radar pour guetter les autres bateaux.

 

Bon, ce matin le vent a baissé, la mer s'est établie, c'est plus calme, on renvoie de la toile. Le vent est passé à l'est chassant le brouillard, nous offrant un ciel immaculé. La température de l'eau a encore descendu, en se brossant les dent le matin l'émail claque !

Mais allez voir la rubrique nav et météo pour avoir le pourquoi du comment du temps rencontre ici.

Il est maintenant 21h40. A signaler, nous fêtons l'anniversaire de Dominique ce 10 juin, sous le soleil, et avec une poire belle-hélène préparée par Jean-Louis. Le pain commence à poser des problèmes de levage à Pierrot. Il fait maintenant une tournée par jour car c'est un régal que de manger du pain frais fait sur place dont on a suivi la confection et senti l'odeur de cuisson. Mais la température qui baisse ne fait pas son affaire pour le levage de la pâte, alors notre boulanger pare le coup avec le four tiédi.

On a appris il y a quelques jours qu'un équipier du bateau motus s'est blessé, il a été récupéré par un cargo pour être peut-être hélitreuillé vers un hôpital d'Halifax. C'est une chose qui me préoccupe, la blessure ou l'homme à la mer sont à redouter. Nous essayons de prendre toutes les précautions possibles mais...

Force et vigueur. L'équipage de Fanac.

 

*Rubrique navigation et météo :

 

Le 10 06.A l'approche de terre-neuve et de la cote canadienne, nous traversons les courants océaniques du labrador, froid, et du gulf stream.

Voir la photo jointe représentant les courants de l'atlantique nord, nous sommes dans la zone représentée par le gros point noir. Vous voyez le gulf stream et le labrador qui vient à sa rencontre dans la région de terre-neuve. Ces courants sont marqués, parfois 200m suffisent à passer d'une eau chaude à froide.


Par conséquent la température dans le bateau s'en ressent, elle est ainsi passée de 25° à 15° (de 27° à 11° à l'extérieur) en une journée, alors que nous rentrons dans le courant du labrador. C'est celui-ci qui nous amène les glaces détachées de l'arctique. Par ailleurs ces courants ont des effets sur la météo.

Ainsi, l'air chaud charge d'humidité passant sur l'eau froide se refroidit brutalement en condensant en brouillards et brumes (comme la vapeur s’échappant de l'autocuiseur à l'ouverture de la soupape) très humides et très épais. Ca donne un temps très désagréable très humide avec une visibilité nulle nous obligeant à utiliser le radar pour veiller les autres bateaux et notamment les cargos.

Ces brumes se forment donc à l'arrivée d'air chaud essentiellement océanique de secteur SW, le secteur NE charge d'air froid polaire ou continental nous garantit plutôt un air sec, et un ciel bleu, c'est le cas aujourd'hui. On compte 1 jour de brouillard pour 2 de temps clair.

 

*Rubrique courrier :

 

Bonjour gaz, et merci, il ne reste malheureusement de cet épisode que des sensations estompées, c'est du domaine de l'éphémère, c'est vraiment à vivre (dans de meilleures conditions serait un plus). Nous avons discuté de courage et de peur, ces mots-la ne sont pas venus à nos esprits. Nous savions que l'événement était inévitable donc à subir. La peur était présente confusément, mais n'était rien en regard du ravissement du spectacle. Oui nous ne pensions pas vivre ça comme ça, ça restera longtemps.

Bonjour Nicolas Baty de l'école Henri Aubin. Merci pour le bon anniversaire c'est très gentil. Des Açores, nous sommes repartis sans encombres. Le départ était prévu le vendredi 23 mai à 13h, mais nous n'étions à l'escale que depuis le mercredi matin. Il fallait laver le linge ranger et nettoyer le bateau, réparer la voile abîmée, boucher les entrées d'eau des fenêtres, réparer la pompe à eau du moteur, faire les courses pour 3 semaines, alors nous avons démarré seulement à 19H. D'autres bateaux sont partis encore plus tard, même plusieurs jours après, pour raisons de réparation ou autres. Une fois partis, nous avons trouvé du temps tranquille avec de petits vents, du soleil, on a même du faire plusieurs jours au moteur pour avancer vers notre but. Nous avons pêché une daurade coryphène d'1,20m dont on a mis la photo sur le blog, c'est un très beau poisson avec de très belles couleurs jaune bleu vert, comme à l'aquarium ! Il y a 3 jours nous avons pris une petite "tempête", avec des vents de 90km/h et des vagues de 8m de haut, on a eu un peu peur, mais le bateau est costaud, et c'était très beau, comme dans les films. C'était la première fois qu'il m'arrivait un coup de vent comme ça, je m'en souviendrai toute ma vie. Comme nous avons perdu de l'eau douce, nous sommes un peu privés de toilette, c'est marrant au début, mais finalement c'est très agréable d'être propre ! J'attends avec impatience la construction de vos bateaux, j'espère que vous nous enverrez des photos pour mettre sur le blog avec la photo de mon bateau Fanac ! Nous sommes à 200 M des côtes, dans 2 jours on va voir le continent américain, et dans 3 jours nous faisons escale dans l'embouchure du très grand fleuve Saint Laurent à Gaspé, avant de remonter le fleuve jusqu'a Québec dans 2 semaines. Dis bonjour de la part de l'équipage à toute la classe, je te donne des nouvelles dans quelques jours, au revoir. Emmanuel.

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Mardi 10 juin 2008

On déplore quelques petits riens !.......

Bonjour à tous depuis Fanac par 54°45'24s W et 41°53'54s N.


Météo : nous avons fait route au moteur une partie de la nuit, jusqu'à 2h TU, le vent est ensuite arrivé, avec de la brume puis de la pluie, puis de la brume et de la pluie, et maintenant un crachin intermittent.

 

Tout va très bien, on déplore deux tous petits riens. Alors que ça marchait trop bien cette fin de nuit, j'ai fait un mauvais empannage, qui a arraché le coulisseau de point d'écoute de la grand-voile (la pointe arrière du triangle formé par la voile arrière s'est arraché de la baume). Ca aurait pu être pire car c'est réparable, mais reconnaissons que j'étais trop toilé pour un vent soutenu, j'aime bien quand ça droppe (du verbe dropper)...Bon j'ai réduit, et je suis allé me coucher. Mais à part ça, tout va très bien.


Il faut quand même que l'on vous dise, on déplore un tout petit rien. Les petits zoizos tout mignons, les hirondelles qui nous suivent de loin le jour et de près la nuit, et bien il y en a une, comment vous dire, euh...et bien, euh...tout ça, les éléphants,...elle s'est posée sur...euh...vous savez, le truc qui bouge, la, oui c'est ça, l'éolienne. Et alors flip flap l'hirondelle ! Bon rassurez-vous, l'éolienne n'a rien. Malheureusement, les débris collés sur l'hélice de l'éolienne me poussent à émettre un pronostic très très réservé quant à la santé du volatile, enfin je sais pas après tout, je n'en ai retrouvé que la moitié, l'autre est peut-être toujours vivante...C'est comme ça qu'en alsace on devine l'arrivée du printemps:"Ach ! les six rondelles zont te retour"

 

Bon il est maintenant 19 H51,nous sommes dans un petit temps, très peu de vent, la température de l'eau a chuté, c'est le courant du labrador. Et avec lui, c'est soit du brouillard, soit de l'air froid et sec. Et ce soir, c'est du brouillard à couper au couteau, donc il faut veiller au radar, car nous avons commencé de voir des porte-containers, mais des gigantesques, du style de ceux qui passent dans le canal de panama avec 2m de chaque coté, ce sont de véritables monuments qui filent bon train en plus ! Je ne me souviens plus des mensurations et capacités, mais c'est phénoménal, alors on essaye de rester à l'écart.

 

*Rubrique courrier :

 

Claudia, Le bastingage a été rafistolé solidement ça attendra l'hivernage.

 

Ma chère Brigitte, une pensée émue à l'idée qu'un jour aussi tu vivras l'expérience de la haute mer. Si si, il suffira de t'attacher, mais je suis persuadé que tu y prendras goût sans de telles extrémités ! En attendant ce jour béni, le récit t'est dédié, tu vois j'ai la foi ! Bises

 

Martine, tu t'y vois toi dans un tel remue-ménage, où tu te dis "jamais ça" ?

Mon webmaster de frère, Sébastien. Merci pour le jpg de la flottille ! Nous ne sommes pas encore trop loin derrière les autres ! Ca met du baume au cœur de l'équipage car on a l'impression de se traîner. Un bouquin ? Hum, l'idée devra faire son chemin, et il sera long, jeune padawann

Bon ,ce temps n'est pas grisant, je m'arrête d'écrire pour ce soir, à plus tard.

 

Force et vigueur. L'équipage de Fanac.

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Lundi 9 juin 2008

Le calme après la tempête !......

Bonjour les fana...tiques, 21h58 TU par 51°36'48s W et 40°11'36s N.

Météo du jour : après le front chaud violent, le front froid, qui est accompagné d'un ciel bas, tendance orageuse, et qui est...froid ! On est passé de 25° dans le bateau à 15°, on a sorti les gants chauds, les chaussettes et les bonnets. Fini la bronzette au soleil de l'anticyclone des Açores. Je me demande si le temps va être ressemblant à ça dans tout le golfe du fleuve, en tout cas, le régime habituel ici, c'est dépression sur dépression.


L'image des pêcheurs de St Pierre et Miquelon ne semble pas être usurpée. Ce qu'on a vécu hier est chose courante ici, mais quand c'est la première, ça fait son petit effet !

Alors justement, et avant le courrier, voici le récit de l'épisode perturbation associée à la méchante dépression vu par Jean-Louis. Installez-vous confortablement,,oubliez la boite a images, et laissez vos lèvres se délecter du goût du sel des embruns...


De Jean-Louis : Certains de nos amis visiteurs du blog souhaiteraient que d'autres membres de l'équipage produisent des articles. La tâche n'est pas facile derrière notre skipper Manu qui reçoit régulièrement des encouragements à poursuivre sa production dans un style fort apprécié.
Et puis tout le monde n'a pas la même facilité à écrire.

Nous vivons malgré tout intensément cette aventure et ne boudons pas notre plaisir à profiter d'un environnement capable de nous surprendre à tout moment. L'état de la mer et du ciel, les animaux aquatiques, les oiseaux, la marche du bateau dans le vent.


Pour ma part, je découvre le vrai grand large, la navigation hauturière, mais bizarrement il faut que je fasse un effort pour me représenter isolé sur ce vaste océan, il semble que le monde se réduise à l'espace que j'occupe, le bateau.
L'eau qui m'entoure pourrait être celle qui me sépare de l'Ile d'Oléron, pour peu que la côte soit hors de ma vue. Mais, l'état de la mer nous rappelle parfois que le grand large est bien sous notre quille ; l'expérience récente en a fait une démonstration saisissante.


J'avais déjà vécu du vent fort en bateau, observé depuis l'abri confortable du port l'océan animé par la tempête, je m'étais fait une représentation de ce que pouvait être le gros temps du large. Le coup de vent récemment traversé me donne dorénavant une mesure plus exacte du phénomène.


Avisés par la météo reçue du directeur de croisière nous recommandant de prendre garde à nous et par l'observation de la carte de la dépression, nous savions que nous ne passerions pas à coté et qu'il fallait se préparer à être un peu bousculés. Nous savions aussi quel cap choisir pour notre confort et notre sécurité ainsi que la durée de l'évènement. Il n'empêche que c'est avec une certaine appréhension que j'ai attendu cette rencontre : comment l'équipage fera-t-il face (et moi en particulier), comment le bateau se comportera-t-il ? Le vent a bien été au rendez-vous. Nous avons réduit les voiles en suivant la montée en puissance du vent dont nous n'avons pu qu'estimer la vitesse selon l'état observé de la mer car l'anémomètre est tombé en panne.


Chacun y est donc allé de ses conjectures. Sous grand voile au troisième ris (réduite au maximum) et trinquette (petite voile d'avant), le bateau allait bon train à une allure portante confortable (vent de trois quart arrière). Durant mon temps à la barre, le bateau n'étant pas difficile à tenir, je trouvais plutôt grisant le spectacle de cette mer en train de s'animer et enfler, tantôt grise, tantôt verte, frangée d'écume lorsque les crêtes s'effondraient en bouillonnant.


Front de pluie, renforcement du vent. Nous pensions être enfin dans le vif du sujet. Peut-être les rafales annoncées à 50 nœuds ? La mer se creuse, 4 mètres, 5 mètres ? Les crêtes de vagues sont emportées par le vent. L'intérieur du bateau reste confortable, on entend l'eau bouillonner vigoureusement sur la coque mais pas de chocs car nous glissons sur chaque vague qui nous rattrape.
Deuxième front de pluie accompagné d'un renforcement conséquent du vent. La pluie fouette la surface de l'eau qui semble se lisser, les crêtes de vagues sont emportées, la mer en est fumante. Là je ressens de l'inquiétude : est-ce que ça va forcir encore ou les rafales à 50 nœuds sont-elles enfin au rendez-vous ? Pierre à la barre tient difficilement le bateau qui lofe (remonte au vent) et gîte sous la charge. Manu choisit la mise en fuite (se laisser porter par le vent). La grand voile est affalée totalement, la trinquette seule nous tire et ça va toujours vite. La mer grossit, des murs d'eau nous poursuivent, 8 mètres ou plus ? C'est difficile à apprécier. J'ai été très impressionné par ces masses verticales qui semblaient devoir nous engloutir et qui finalement nous portaient vers le sommet comme pour nous permettre de jouir de haut du spectacle : la mer n'était plus que vallées et montagnes, sommets enneigés, bouillons d'écume sur fond d'émeraude.


Je revois encore, alors que nous étions dans les creux, la transparence des crêtes dont certaines perdent l'équilibre et déferlent. Mon inquiétude monte d'un cran car c'est un vrai danger. Le coup de vent est enfin bien établi, la suite sera conforme à l'évolution d'un système dépressionnaire pris par son centre : le vent passe à l'ouest puis nord ouest, la mer devient croisée rendant le bateau inconfortable.
Nous refaisons route en rétablissant la grand voile à son troisième ris. Fanac a validé son aptitude à naviguer en mer difficile, je m'y suis senti en sécurité. J'ai pris une nouvelle mesure de la force des éléments mais rétrospectivement, je sens bien la précarité de notre situation dans ces circonstances.

Et puis, ça n'a pas duré longtemps, ça peut encore être plus dur aussi quand on peut esquiver, c'est mieux, ainsi on est plus sûr de rentrer pour refaire l'histoire au bistrot du port !

 

*courrier:Oh la la, y a du monde !


Varzay, Mike et tous les autres. J'espère que le temps qu'on a vous aide à encaisser la grisaille subie en France ces derniers jours ! Un bisou à tous les varzouyois. Bamboula(...) Et bonjour de la part de Jean-Louis aux amis de Varzay qui nous ont envoyé un message et à tous ceux qui nous suivent discrètement.


Claudia. Poétique en plus!C'est un plaisir. Ne lâche rien. A plus.

MC Richard. Et bien ça prend forme, l'historiette. Il va falloir qu'on fasse marcher nos mémoires, on n'a plus qu'à manger du poisson, bon faut remettre la ligne à l'eau illico. Mais nos musiciens travaillent irrégulièrement, faut dire qu'ils sévissent en cuisine !


Moman. Non la terre n'est pas encore en vue, mais on fait route sur la destination.10 jours devraient voir l'amarrage. Traidunion est un grand cata bien taillé, mené par des gens avertis, il file régulièrement à 15n, alors que nous n'en atteignons 7 que rarement. Pas le même bateau, pas les mêmes marins...Mais pour les mêmes frais d'engagement, on navigue plus longtemps, on est gagnant, malin les gars ! Bravo pour le décalage horaire, différence de longitude et de latitude se font sentir. On a je crois 6h de différence avec le Québec. Bisouyous


Salut So, Maica a certainement bien fait de ne pas s'aventurer par ici, y a du gros à encaisser, passes-lui le bonjour. La transat en elle-même vaut le coup, c'est loin d'être monotone, et on ne s'ennuie pas. Que fait motus finalement ? On sait que sur pb électrique il a rallié les Açores, rien de plus. Courage à eux de notre part, il en faut. Bises à plus.


Ce2 de l'école de Marennes. Désolé pour le précédent message, ils ne nous parviennent pas tous, c'est avec plaisir que j'y répondrais pourtant. Parlez nous de vos petits bateaux, expliquez-nous de quoi il retourne, nous sommes restés sur notre faim. Si vous souhaitez, vous pouvez faire passer des photos sur le blog pour qu'on puisse comparer avec Fanac ! Ici le temps a changé on a rangé les shorts, il ne fait plus que 15°, et il est annoncé plus froid encore. Au revoir.


Gaz. Bonjour, j'ai parlé de la résolution du problème d'eau il y a quelques jours, l'article est il visible ? Le bricolage est réservé aux petits budgets, aux bateaux qui le permettent, Fanac est une construction amateur avec des imperfections corrigeables. Un bateau de série, bien fini avec des vaigrages et placages uniformes, supporterait moins bien le bidouillage. Enfin la bricole c'est un état d'esprit, dans le bateau ou ailleurs, je pratique assidûment cette "philosophie.


La bannette chaude est de rigueur, car selon la marche du bateau, les couchettes ont des "qualités"différentes. Cependant on s'est installé qui dans un coin qui dans l'autre, pour centraliser nos effets personnels. De plus, mon bateau c'est ma maison alors j'y ai des habitudes. Il n'est pas rare de croiser un matelot avec son duvet sous le bras, ou encore à la recherche d'une chaussette, d'une couchette à l'autre ! Excellent l'explication de texte, il me semblait bien me rappeler d'une équivoque coquine, mais ça date du lycée, alors...L'habit de pierrot blanc et noir avec la larme est certainement celui de la pantomime ? Pourquoi est-il perché sur la lune alors ? Continuez-donc à m'instruire, si le cœur vous en dit. Tiens d'ailleurs, elle réapparaît la lune, phase montante. Savez-vous comment on sait si elle est montante (devient ronde) ou descendante ? Il suffit de regarder le croissant, s'il dessine un "ventre" à droite comme celui du P (pleine) ou à gauche comme celui du D (descendante). L'aventure "Fanac dans la grande traversée" n'est qu'une partie de ce que je souhaite être un projet de vie, que je voudrais être utile selon mes convictions, et à ma modeste échelle, et si possible.


Avant de conduire de bêtes poids-lourds, je fréquentais plutôt le socioculturel, qui m'intéressait pour la possibilité de travailler avec un public en demande, les zenfants (je pense que l'avenir est à préparer longtemps à l'avance). J'avais déjà dans l'idée d'utiliser le bateau comme support technique et comme choix de vie personnel. Je ne m'exprime pas bien dans un cadre, avec des contraintes des concessions, et je souhaitais construire une démarche en partant du début. J'ai fait ce qu'il fallait pour avoir le bateau (août 08),maintenant j'explore les possibilités d'en vivre (ou de vivre dessus) et de l'utiliser pour porter des idées.
Le travail à distance avec des écoles ou centres de loisirs semble prometteur, mais demanderait du travail en amont et du temps que je n'ai pas alloué pour l'instant.
La communication à distance fonctionne, mais c'est un peu désincarné. Du reste j'échange plus avec des individuels comme toi (mais qui es-tu étranger ?) car la demande est là, alors que l'action pour les p'tiots pourra se faire dans le cadre de projets précis et construits, il ne suffit pas de s'offrir. L'expérience est intéressante, me donne un outil de plus. Mais tout ceci est très modeste, j'avance pas à pas, je laisse libre court à ma naïveté ! Le montage de l'association n'est certainement qu'éphémère, était nécessaire pour différentes raisons, je n'avais pas imaginé aller si vite, mais je poursuis mon idée à ma façon. Mon père présent dans le bateau au titre de marin expérimenté et par plaisir est LE membre fondateur de l'association, à dessein de m'aider. Les autres équipiers n'ont pas à proprement parler de rôle dans l'association et mon projet, ce sont des potes de mon père, qui étaient disponibles pour être les équipiers nécessaires à la transat, nous ne nous fréquentions pas auparavant. C'est pour ces raisons qu'il n'y a que moi qui m'exprime directement, même si je les invite à pianoter. La navigation et gestion au jour le jour du bateau sont un peu problématiques pour moi. 35 ans, propriétaire de mon premier esquif depuis quelques mois, embarquant 3 larrons qui sont potes et ont l'age d'être mon père, ne m'aide pas à trouver ma place naturelle de skipper. J'espère que je suis clair dans mes explications. Ta curiosité m'enchante, c'est grâce à ça que j'avance, et grâce aux questions d'une personne que d'autres personnes trouvent des réponses et de la vie sur le beulogue. Sans le savoir, tu participes à ma petite chose ! C'est comme ça qu'elle t'appartient aussi bien qu'a moi. Mais, suis-je bien naïf ! Certainement as-tu toi-même compris ton rôle, petit malin que tu sembles être(ou maligne, plus sûrement). Bonne journée.


Emma du centre de loisirs de Beaufief. Bravo pour la précision. J'ignorais cela, et surtout que c'était aussi vieux, allez un petit effort pour nous apprendre quel était le support utilisé pour l'enregistrement, je pencherais pour un cylindre en cire a vue de nez, à toi la main (et le dico). Décidément le clsh de Beaufief est dans la place, yo !


Sandrine. La passionnée des cétacés ! Et oui les paysages sont magnifiques, nous ne nous attendions pas à autant de ravissements (oui oui avec un s!). "Ca n'est que de l'eau de mer!".Oui, mais de l'eau de mère aussi. Un milieu si prolifique et à l'origine de toute vie ne pouvait finalement être que génialement beau et multiple ! Et ça, y a qu'en y allant qu'on peut le toucher, ce dont je ne m'étais pas rendu compte jusque là. Nous avons approché des baleines (peut-être à bosse), certainement maman et petit, et peut-être une dizaine de mètres de long. Ca fait beaucoup de peut-être, mais ces bestiaux sont plus farouches que les dauphins, Domi a fait un film fugace, on va essayer de te le garder...T'énerves pas, je rigole, on va évidemment le garder ! Mais pas de baleine noire pour l'instant. Le meilleur est à venir, dans le Saint Laurent on devrait en prendre plein les Leica, mais avec interdiction de s'en approcher, les canadiens tiennent à la tranquillité de leurs hôtes et ils ont raison, ô combien. L'eau, ça devrait passer, sans abus...La nourriture fraîche se fait plus rare, nous sommes passés à la conserve, surtout que les denrées fraîches des Açores n'ont pas été achetées dans le meilleur endroit, et étaient de piètre qualité. Dominique t'embrasse et te félicite pour tes bonnes nouvelles, c'est vrai que t'as l'air contente, bravo donc.


Claudia Ouf! bon euh, alors la prose, euh...tout ça, les éléphants, y met deux pieds dans l'eau...Oui, hors donc, j'm'avoue vaincu, t'es plus balèze, j'mescuse, j'voulais pas t'provoquer, j'le f'rai pus, j'l'ai même po fait esprès d'abord, j'fourbissais mes touches (tiens y'a une sorte de contrepet salace, la...On me dit dans l'oreillette que "la contrepétrie, c'est l'art de décaler les sons"...Hum...Cornegidouille ! C'est à n'y plus rien comprendre), et l'coup est parti tout seul, m'sieur l'arbitre. Bravo pour ton enthousiasme, et avec grand plaisir.


Marylène, bonjour. Donc j'ai expliqué à gaz pourquoi j'étais seul à écrire mais le clavier est ouvert à tous, mais pour parler à tous, tu comprends? Encore faut-il que l'envie de parler à des inconnus soit là. J'aimerais que cela arrive, Pierre racontant aux écoliers sa façon de vivre le coup de tabac par ex., donnerait un autre angle de vue, enrichissant, mais ça n'se fait pas ,pour l'instant, poil aux dents!Tu as de la chance, je crois que Jean-Louis a une envie qui monte...bonne journée.(au nom de l'équipage)


Martine! Prolifique, dommage que tout le monde ne puisse pas en profiter, mais si j'ai bien compris, vouloir à tout crin vivre à Mayotte avec le confort occidental n'est pas indiqué si on veut avoir la paix dans la simplicité. Bon ça !"Le code 0 svp ? "Kekseksa, ouksektatrouvesa ? sepamoikaecrisa! On s'attache évidemment, on a posé le point d'accroche adéquat, et ma foi on est bien content de l'avoir. Loic Lantoine est dans la place, pour sûr, toi tu m'connais un peu...hein ? bonne journée, je vais dormir (il est 11h30,je devrais être au lit depuis 7H00,mais faut bien honorer le courrier, et c'est avec plaisir)

Force et vigueur. L'équipage de Fanac.


Bonsoir, il est maintenant 23H03 TU, repas fini, Pierrot est à la barre. Nous faisons route au moteur depuis 18H TU, après que le vent a complètement chuté, sous un ciel encore différent mais superbe : de petits cumulus d'étage moyen parsemant l'azur. C'est tellement régulier sur 360° qu'on dirait une tapisserie naïve de chambre d'enfants...c'est d'un calme...l'eau est aussi nonchalante, seuls quelques zozios (peut-être les fameuses hirondelles de mer) volètent autour de nous. La nuit dernière, 2 volatiles sont restés, de 00H00 à ce matin 6H30 soit du coucher au lever, à 3 m à peine derrière nous, ils ont gazouillé toute la nuit en virevoltant d'un coté et de l'autre. Nous n'avons vu que des ombres furtives, mais je me demande si ce n'est pas les mêmes "hirondelles" qui sont plus farouches de jour et respectent une distance de sécurité de 50 m. Nous espérons les revoir cette nuit, nous avons fait un plan d'action. Quand elles seront là, Nils allumera d'un coup le projecteur, pour que nous ayons l'opportunité de dézinguer ces emmerd...hein ? Ah, non, on me dit que c'est juste pour les prendre en photo, tant pis ça sera bien quand même !


Bonsoir et force et vigueur! L'équipage de Fanac

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Samedi 7 juin 2008
En pleine tempête

Bonjour, par 50°22'52S W et 39°36'2s N.

Météo redevenue praticable, on navigue encore à 3 ris et trinquette à 5n, mais ça passe.

Fanac est un fier cannot, et son équipage n'a pas démérité! Je vous avais anoncé une dépression, en fait il devait y en avoir 2 l'une sur l'autre! Bon alors j'y vais par le début.

Reprenez-donc l'image du système météo envoyé hier.

Hier 06 06 10h20 TU : le baromètre est déjà lentement descendu de 1023 hpa à 00h00 à 1015, le vent n'est toujours que de 25n.
Dans le livre de bord je note "baromètre pas très optimiste".
12h, je prends les fichiers de vent (comme ceux que je vous ai donnés), Dom me tend des tartines que j'avale en pianotant. Cellule de crise : l'ennemi est gonflé à bloc il déploie ses bataillons en rangs serrés.

L'air est chaud et moite, le front chaud de la perturbation associée à la dépression distille une douceur prometteuse, le climat se tend, j'arrête pas de manger, Dominique me glisse que lui aussi n'est pas très a l'aise.
Jean-Louis à préparé les rations de combat, patates bouillies, riz, pots de paté pour graisser le pain que Pierrot a fait en prévision.

On décrète l'etat d'urgence, dominique sort le planing de veille de guerre, les quarts se passent à 2, et on ne barre qu'1 h de rang, histoire d'être frais.
15h30, c'est le début des hostilités : 1009hpa, mer forte, 35n de vent, on enroule le génois, et hisse la trinquette qui est à cette heure toujours à poste.
On prend 1 ris dans la grand-voile. Tout va bien, Fanac passe en force dans l'eau.
16h54, mer forte, 1006hpa, vent 40n, on prend les 2 èmes puis 3 èmes ris, dans le journal j'écris "manque plus que le tourmentin!".
Fanac file bon train, dérives réglées, écume aux lèvres, stable sécurisant, il a l'air de savoir ce qu'il fait, je ne sais même plus si nous le menons ou si c'est lui qui nous emmène.

16h40 dehors les forces en présence se toisent, la mer est croisée, nous sommes impressionnés. Nous profitons d'un beau spectacle, les vagues commencent à déferler, produisant des bouillonnements de couleur vert
émeraude difficiles à décrire, ambiance irréelle d'une nature majestueuse, puissante et débridée, nous sommes comme des gamins devant une telle beauté, émus tout simplement.

Des oiseaux viennent tourner, ils n'ont que faire du sale temps, ils pêchent, c'est ça qu'ils ont à faire, c'est marqué dans le script c'est
leur boulot.

17h00, je suis de repos en même temps que Domi, à l'interieur. L'anemomètre est mort, nous estimons le vent à 40n, c'est beaucoup. Domi étudie le cours de navigation des Glénans, il rigole et m'explique : "Ils se sont pas foules, ils mettent seulement qu'une baisse du baromètre de 3 hpa en 5h est anormale, ça veut dire quoi anormale?".
Nous rigolons ensemble.

18h00 comme je m'équipe pour retourner au front je fais remarquer à Domi que notre baromètre vient de perdre 5hpa en 3h, c'est normal ça? Je sors et explique à mon père, qui tilte : "ohlala, regarde autour, c'est pour ça que ça devient tout noir"..."bon on mets le tourmentin?"

Trop tard, le monstre s'abat sur nous, le vent monte à quelque chose comme 50n, nous affalons la grand-voile et partons en fuite sous trinquette
seule, la mer change soudainement. Nous embarquons des paquets d'eau qui pèsent sur les cagnards, je bondis avec le couteau, j'ai peur des paquets d'eau qui pourraient destabiliser le bateau, je coupe les liens, de l'eau jusqu'aux genoux, le bastinguage est libéré mais les chandeliers sont tordus, la filière est arrachée par l'eau.

J'ote ma capuche pour mieux voir, les déferlantes roulent sur le pont, nous aspergent. Les vagues grossissent brutalement pour atteindre 8m, nous sommes estomaqués!


On peut même voir à travers les crètes des plus grosses comme dans la pub pour harpic avec un surfeur dévalant la mer!

Le vent arrache les crètes et les pulvérise en mousse qui balaye tout, les embruns fouettent et piquent, mélés à la pluie qui s'abat maintenant.



C'est inoui, une seule de ces vagues pourrait recouvrir en entier le bateau comme la chasse d'eau l'étron (tant qu'on est dans la métaphore de bon goût...) Même plus le temps de hisser le tourmentin, la trinquette devra tenir, la mer est terrible de force et de beauté.

Peur? Ben...euh non même pas, enfin pas pour moi, pour les autres, pour mon père. Moi je suis ébahi devant un tel spectacle, ainsi que Domi. Pendant 2 h nous négocions les puissantes collines de flotte et les
déferlantes rageuses, en guettant le baromètre qui n'en finit pas de descendre.

Dérive centrale relevée, dérive arrière basse, Fanac glisse sur les vagues qui cherchent à lui faire croche-pied, pas une seule fois il n'est pris en défaut, il n'ira pas au tapis, chapeau mon bateau.

Puis un coin de ciel bleu, un changement imperceptible, le baro stoppe la descente, le vent se calme et la mer en même temps, le front vient de passer, le vent change un peu de direction, c'est le signe.

Vite camera et appareil photo pour essayer sans conviction de capturer l'instant, on renvoie de la grand-voile, baisse la derive, on vire, il faut sortir de la avec encore 40 n mais une mer changée, le plus dur est passé, le reste est question de temps.

Etat des lieux ; un bastinguage arraché, et des entrées d'eau dans le pont, la moitié des couchettes est humide d'eau salée, ça promet des nuits agréables. Nous échangeons nos sensations, nous avons été impressionnés mais ravis par la beauté et la force des éléments...

La carte :





















La flotille :

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Samedi 7 juin 2008

Bonjour depuis Fanac par 48°03'48 s W et 38°56'36S N.

Météo du jour : temps mitigé, très humide, la moiteur a mis longtemps à s'évader du bateau, bloquée par un ciel très bas, une brume lourde, d'la crasse, quoi!
Puis nous avons pris un petit coup de vent qui a été l'occasion d'essayer le tourmentin, la voile d'avant ultime, grande comme une voile de planche à voile pour être sur de pouvoir s'en servir demain soir le cas échéant.


Parti manoeuvrer à l'avant en tee-shirt "euh...t'es sur?" me dit Jean-Louis(mon père) "ben ouais, keskiya".
Bon la suite est évidente, je suis revenu...humide, oui c'est ça, humide!


Donc cette voile est prête à oeuvrer, j'ai arrimé les ordinateurs, les cartes papiers, les documents de nav', les jumelles, le tout à grand coup de sandow et de crochets à visser.
Domi qui passait m'a jeté un regard amuse. "Oui,je sais c'est pas très joli, mais c'est fait et c'est efficace".
En effet, ça tient, ça tient même bien, y reste plus qu'à coller la gomme et le crayon, et on peut faire des loopings!

Pierrot a fait 2 tournées de pain, soit 6 en tout, dans de mauvaises conditions, il a une ténacité qui force le respect. Ca tenait plus du domptage que de la boulangerie, les plats s'échappant à la moindre occasion, la farine sautant hors du saladier, pierrot lui-même en équilibre instable avec les 2 mains engluées.


La journée s'est passée comme ça, puis ce soir, et pour honorer le serment fait à Richard, nous avons commencé à apprendre les paroles de la chanson écrite par ses soins (et aussi avec ses mains), sous la direction de Domi qui nous aide à lire les notes pour trouver le ton juste.

Rebonjour, on est maintenant le 06 06 il est 12H05 TU, nous sommes au 49°24'30s W et 39°06'24s N, le baromètre descend depuis hier, il est à 1008 hpa, la baisse nous renseigne sur l'arrivée du mauvais temps. Déjà le vent est soutenu, nous filons bon train au débridé en amorçant la remontée pour contourner le point de glaces, ce qui nous permet une allure plus confortable, on n'a pas le vent et les vagues dans le nez. Je vais chercher la météo, je vous souhaite une bonne journée.


Force et vigueur. L'équipage de fanac.



* rubrique courrier :


Dame Martine!! Voyons dame martine on ne dit pas ces choses-là, ça n'est pas bienséant de la part d'une prude damoiselle de votre rang, estimez vous heureuse que je n'en réfère pas à tous les amis de fanac ici présents.
Mais c'est quoi cette énumeration de mets zallechants? A part ça, il nous reste 960 milles jusqu'a Gaspé, soit une dizaine de jours, alors qu'on repart de gaspe le 17, ça va encore et toujours et comme de juste etre ric rac pour nous, bon on se reposera à Québec. Bises.


Les loups d'angouloisirs!
Bonjour, ça fait plaisir d'avoir des nouvelles. Alors vous avez visité le bâtiment de la corderie royale. Etonnante cette maison de 300 m de long pour fabriquer des cordages de 300 m de long!
Votre groupe s'agrandit, c'est bien, ça fait une copine en plus. Mais qu'est-ce que c'est que le journal des p'tits loups?
Qu'y aura-t-il dedans?
Allez vous le distribuer dans toute la ville, ou dans le centre de loisirs et pour les familles?

Si vous voulez la carte de l'océan, il faut aller à la librairie maritime rue saint nicolas, ou aux minimes chez accastillage diffusion ou uship, et vous commandez la carte oblique de l'océan atlantique nord "route du rhum" réf : 6561L éditée par le SHOM.

On est le vendredi 06 juin il est 13h45 en France, nous approchons de la côte canadienne (encore 10 jours quand même!), et ce soir du mauvais temps est annoncé, déjà des vagues donnent des douches au bateau, il n'est pas très facile d'écrire dans ces conditions, j'espère qu'on n'aura pas le mal de mer!

Mais quel temps fait-il a Angoulins? Nous on peut rester en tee-shirt, mais le vent et l'air humide nous obligent à mettre les imperméables et les bottes pour rester dehors, comme pour aller à la pêche aux moules, alors qu'il n'y a pas de moules, d'ailleurs le fond de la mer est aussi loin que le centre commercial d'angoulins pour vous, il faudrait des grandes jambes!!



Je vous souhaite une bonne journée, au revoir à tous.
L'équipage de fanac.

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Vendredi 6 juin 2008

Bonjour de fanac par 46°27'42s W et 39°09'13 s N.

Météo : alternance de passages nuageux et soleil, température agréable, vent WSW 20n.

J'ai pris mon quart à 2H TU, nous avançons très correctement depuis 2 jours à 5n de moyenne et dans la bonne direction!
La mer n'est pas trop formée, nous profitons des "qualités" de
fanac : bien réglé, il n'est pas besoin de corriger beaucoup la barre(gouvernail), ainsi hier il est reste 8h sans qu'on ne touche à rien, et cette nuit se passe de la même façon, ce qui permet d'être à l'abri du vent (et du froid) pendant les longs quarts de nuit.

Je peux écrire tranquillement, en sortant faire un tour d'horizon chaque 10 min pour surveiller d'autres éventuels bateaux.

Au menu, vous aurez un article sur la surveillance de nuit des autres bateaux dans la rubrique navigation et météo, ainsi qu'une prévision metéo de dépression annoncée, et une explication sur le point de glaces dont je vous ai parlé.

Je réponds aux commentaires dans la rubrique...courrier évidemment!

Bonne journée à tous, Force et vigueur, l'équipage de fanac.


* rubrique navigation et météo :

05 06 : Comment se passe une veille de nuit. Il y a toujours quelqu'un qui veille de jour comme de nuit l'approche des autres voiliers et surtout des cargos.
Ils sont très rapides, entre 20n et 30n (X1,852 en km/h), alors que nous avançons à 5n.
Sur mer, du fait de la courbure de la surface de la terre, la vision porte à 10M (X1,852 km). Donc un cargo rapide est repérable 30 a 20 min avant qu'il ne soit sur nous, si la visibilité est optimum.

En faisant une ronde toutes les 10 min, on est donc tranquilles, par temps clair. Le problème est de determiner la route d'un autre bateau de nuit, avant qu'il n'arrive car nous ne pouvons pas nous échapper au dernier moment, faute de rapidité.
Pour ça les bateaux sont équipés de feux de couleur blanche rouge et verte, situés à différents endroits connus du bateau.
En repé rant quelles couleurs on voit,on sait quelle partie du bateau est visible, ce qui nous donne une indication sur sa trajectoire.

Des moyens modernes électroniques facilitent la tâche : le radar nous montre sur un ecran la position du bateau et ses direction et vitesse.
Le récent émetteur AIS émet par ondes radio à tout navire à moins de 25 M les indications précises suivantes : la position, le cap (direction) et la vitesse.

Tous les navires de commerce sont désormais équipés de ce système.
Si je suis équipé du recepteur AIS, J'obtiens tous ces renseignements facilement avant même que le bateau soit visible, ce qui me permet de changer ma route si nécessaire.
Les voiliers n'ont pas obligation d'être pourvus de ce systeme, fanac ne l'a pas encore.
Ces systèmes sont un complement de la veille visuelle mais ne la remplacent pas.
Les radars des cargos ne repèrent pas toujours facilement les petits voiliers, il convient d'être vigilant.

05 06 : Dépression annoncée 

J'ai pris hier les fichiers météo, qui prévoient l'arrivée d'un système dépressionnaire important.

Sur la premiere image du 05 06 vous voyez un segment noir (partie droite de l'image) représentant à l'extrémité en bas à droite la position actuelle de fanac, le 04 06, et à l'autre extrémité en haut à gauche le point de glaces à contourner par le sud.



Les petite flèches donnent la direction et la vitesse du vent.

A gauche de l'écran se presente la dépression dont le centre est marque D.






La deuxième image présente la prévision de progression de la dépression dans la nuit du 06 au 07(2 h TU), que nous allons subir de pleinfouet.

Ainsi il est annonce des vents de 40n (donc des rafales à peut-être 50n), avec une mer forte à très forte (vagues courtes de 5m).

A ce moment-là nous devrions être en haut à gauche du segment noir, soit au plus fort du système.

Normalement, le 08 au soir, le plus dur sera passé.
Les prévisions météo sont aujourd'hui fiables à 5 jours, mais on ne fait pas de la météo avec une boule de cristal.
On se prépare au pire en espérant subir le meilleur! Si le pire arrive, on va prendre une danse en language technique et poli.

Demain, nous allons préparer le matériel : vérifier la voile de tempête, la mettre à poste prète à être hissée, ranger et arrimer ce qui peut l'être, pierrot va faire du pain d'avance.
 
J'ai maintenant confiance en fanac et je connais mon équipage, et les qualités de chacun. Nous sommes prêts à faire face, il se pourrait même qu'on prenne du plaisir à lutter dans la tourmente, même si ce n'est pas du gatal (un gatal des gateaux).

De toutes façons ce type de temps n'a rien d'exceptionnel dans l'atlantique nord et particulièrement à cet endroit. Nous savions que nous allions le subir à un moment, les bateaux sont faits pour ça, et fanac à été spécialement construit pour ce genre de choses, c'est pour ça qu'il est lourd et lent.

05 06 : le point de glaces


Voici une image représentant les plus gros morceaux de glaces repérés par radar et de visu par les services de surveillance.

Ces glaces se détachent de la banquise arctique, puis sont emmenées par le courant du labrador vers le sud en longeant la côte.



Le courant du gulf stream longe la cote américaine du sud au nord, et repousse ces glaces au point de rencontre des 2 courants.

Le point de glaces est un point virtuel etabli par les excellents
prévisionnistes (dont J Y Bernot et P Landuret) de l'organisation de la GTA, situe par 40°N et 50°W, qu'il nous faut contourner par le sud pour être
tranquilles.

L'image date du départ, les glaces ont bougé, les positions répertoriées nous sont données au jour le jour.
Le problème des glaces est d'abord qu'elles vont de la taille d'une twingo (les growlers) à la taille d'un gros bateau (icebergs), ensuite qu'elles ne sont pas repérables au radar (a 90% sous l'eau donc pas d'echo), très mal de visu pour les mêmes raisons, par ailleurs qu'elles n'ont pas de feux comme les bateaux pour la nuit (...), et enfin que nous n'avons pas de pastis à bord de fanac!

Outre le spectacle qu'elles doivent offrir, nous ne souhaitons pas nous en approcher...

*rubrique courrier :

Salut p'tite martine.
On attend l'hiver et le sale temps de pied ferme, on à bien profité du soleil et de ses bienfaits, ainsi que de l'effet apaisant de la biafine! Le restant d'eau nous laisse 3l par jour et par personne (toilette cuisine et boisson) pour 20 jours, alors la vaisselle n'est plus rincée a l'eau douce, et les aisselles deviennent un no man's land que les plus coriaces des parasites ne peuvent plus conquerir!

On fait face, mais on sera soulagés d'arriver dans la civilisation..."J'me suis cogné partout, j'ai dormi dans des draps mouillés, ça m'a couté des sous c'est la plaisance, c'est l'pied,tatata."

Claudia
Tu ne crois pas si bien dire, c'est pierrot qui a vu le poisson, et qui a eu le titre de meilleur pêcheur du bord, il a eu le droit de manger 2
pommes (rapport au diabète!).
Depuis il se passionne pour la ligne de traine. Le pierrot de la lune ne viendrait que de la chanson? Surprenant. De la comedia dell'arte? Peut-être, ma culture ne va pas jusque la, peux-tu pousser la recherche?
Ca m'intrigue.
Le moral de l'équipage n'est pas mauvais du tout, surtout depuis que notre progression est encourageante, je ne desespère pas de les voir s'épancher sur le clavier.

Josiane et gilles.
Merci pour la flatterie,c'est surprenant que nous fassions tant d'effet!Merci à  richard, un mp3...Tiens-donc, on va voir ce qui es possible, ça serait rigolo.
Le pain! Justement j'ai dépêché un reporter sur le lieu du crime, il est en train de reconstituer la scène, ça va viendre.

Richard, nous sommes tes obligés, les chevaliers de la table du carré garderont panache pour porter vos couleurs, Montjoie et Saint-denis! Comme dit l'autre...

Maman
Je crois recevoir tous tes messages ; je fais attention à ne pas abimer mes affaires, je me couche tôt, les moniteurs sont très gentils, hier on a fait une ballade en bateau, ils ont voulu m'apprendre à nager : le plus dûr c'est de sortir du sac en plastique, mais nils m'aide beaucoup.
En fait c'est lui qu'a vidé une citerne d'eau, pfff.
Cette nuit, il a échangé les tubes de dentifrice avec des tubes de peinture gouache, demain je vais rigoler avant ma leçon de natation. Emmanuel

Maryse
L'eau devrait ne pas trop nous manquer. A l'idée que la bière puisse être autre chose que bue, dominique a failli manger son chapeau! Fanac ne suit pas les autres, c'est un garnement tu sais. Et puis je cherche ma route sans l'aide de routeur informatique ce qui laisse place à la poésie et à la divagation...
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